Les confidences d’André Azoulay


Dans cet entretien inédit,  André Azoulay se remémore les péripéties de son enfance à Essaouira, ses rapports avec Feu Hassan II, entre autres sujets. Toutes ces confidences recueillies par Le "Site info" ont eu lieu lors d’un « ftour » collectif et convivial ayant réuni des représentants des trois religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam.

Le Conseiller du Souverain y relate ses souvenirs d’enfance quand il scandait de concert avec ses amis et camarades, dans les rues d’Essaouira, « Malikouna wahid, Mohammed Al Khamiss » (Nous avons un seul roi et c’est Mohammed V). Ceci, après que le Protectorat avait osé exiler le monarque légitime, en Corse puis à Madagascar, et avait intronisé Benarafa, ce sultan fantoche, en lieu et place de Feu Mohammed V.

Interne après dans un lycée d’El Jadida afin d’y passer le baccalauréat, il avait un soir « sauté le mur » de l’établissement pour assister à un meeting animé par Feu Ali Yata. « Un homme aux qualités inestimables, et pas seulement en tant que leader politique (…). Il avait de la pédagogie », témoigne Azoulay sur le secrétaire général du Parti communiste marocain (PCM) auquel il avait adhéré, suite à cette rencontre. Pour rappel, ce parti s’est appelé plus tard Parti de la libération et du socialisme (PLS) et, actuellement, c’est le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS).

André Azoulay raconte également la conversation qu’il avait eue avec le roi Hassan II après que celui-ci l’avait désigné Conseiller en 1991, ainsi que les raisons de sa nomination alors que d’autres noms avaient été évoqués pour occuper ce poste. « Je vous ai nommé mon Conseiller non pas seulement pour vos compétences ni parce que vous êtes de confession juive », lui avait dit le Souverain défunt. Et de lui rappeler le proverbe marocain: « Les bons peignes sont ceux qui ont des dents égales », signifiant par là que tous les citoyens marocains sont égaux à ses yeux.

L’histoire de son interpellation, en 1963, le premier jour même où il avait étrenné son métier de rédacteur en chef au sein d’un quotidien, dont le directeur était Abderrahim Bouabid, a aussi eu sa part de révélations. « Feu Bouabid m’avait appelé ce jour-là pour que je vienne au siège du journal. Mais il m’avait averti que la police y était et que je risquais d’être interpellé », se souvient-il. Et effectivement, il l’avait été, conduit à un commissariat du quartier Maârif de Casablanca et placé dans la même cellule que Feu Abderrahmane El Youssoufi. De celui-ci, Azoulay dit que c’est son grand ami, un maître pour qui il a un grand respect et qu’il rencontre encore de temps en temps de nos jours.